Dessin de copiste réglant un bifeuillet

Voici l’un des dessins du corpus de copistes réglant le manuscrit. Il fait partie du corpus de dessins d’outils du copiste décrit sur la page >>pédagogie de ce site.

Sur le pluteus (planche en bois sur laquelle on écrit), le copiste-évangéliste a un bifeuillet ouvert. Les manches retroussées, il tient une règle plate à bouts enroulés, à la manière des canivets à lame enroulée. Le doigt de la main gauche semble appuyer fortement sur la règle. Le copiste tient de la main droite un outil indéterminé, de forme rectangulaire. Nous suggérons que ce dernier est fait de plombagine, c’est-à-dire de graphite. Cette matière a été analysée pour la réglure de manuscrits italiens datés du XIIe siècle. La forme de section rectangulaire fait penser à ce que les artistes actuels utilisent sous le nom de « mine de plomb » qui est en fait du graphite. Il en existe en crayon et aussi en bloc de cette forme. Peut-être que ce conditionnement existait déjà au Moyen Âge, les formes de certains outils ayant peu changé. Il pourrait aussi s’agir du ligniculus, un petit
bois
mentionné par Conrad de Mure au XIIIe siècle (Mentionné dans Whilhelm Wattenbach, Das schriftwesen im mittelalter, page 218). C’est un outil pour graver la réglure. Un autre terme fait aussi référence à une empreinte dans le parchemin. C’est l’emprintoir, terme datant aussi du XIIIe siècle (Fabliau le Dit de la maaille, Paris, BnF français 837 fol. 176r cité dans Godefroy, Dictionnaire, p.305, volume 2 sous le nom du fabliau Du provost à l’aumuche).

Copiste réglant un bifeuillet, dessin de Claudine Brunon d’après Saint Mathieu, milieu du XIIe siècle, Flandres, Dinant-sur-la-Meuse, Manchester, Johne Rylands university library, Rylands lat. ms 11 fol. 14v
Copiste réglant un bifeuillet, dessin de Claudine Brunon sur fond texturé d’après Saint Mathieu, milieu du XIIe siècle, Flandres, Dinant-sur-la-Meuse, Manchester, Johne Rylands university library, Rylands lat. ms 11 fol. 14v

Une fois les lignes de justifications tracées (les lignes verticales), le copiste trace les lignes rectrices (horizontales). Sur le bifeuillet de saint Mathieu, les deux pages sont réglées en même temps. Une grande règle est ici bien utile. En comparant les canivets dont la lame s’enroule de manière identique avec les extrémités de la règle, je présume que celle-ci est en métal. Nous avons fait refaire cette règle par un forgeron mais il faut être très habile pour enrouler le métal.


Formats du dessin du copiste réglant un bifeuillet :
– sur fond blanc au format jpeg en 72 dpi ou 300 dpi
– sur fond texturé au format jpeg en 72 dpi ou 300 dpi
– sur fond transparent au format png

Le texte ci-dessus fait l’objet, comme pour les autres dessins d’un corpus, d’une notice à part. L’image et la notice pouvant être regroupée sur une seule fiche.

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